Nos invités d’honneur 2018

Emmanuelle VAN NOPPEN

Prix Roger B. BARON

Son goût pour le dessin et la peinture se révèle dès son plus jeune âge et lui permet d’exprimer sa sensibilité face à la nature.
À l’âge de 13 ans, au cours d’un séjour linguistique en Allemagne, elle peint des chevaux et vend ses toiles, ce qui lui vaut de figurer dans la presse locale.
« …lorsque je peins, un dialogue s’installe entre l’animal et moi. Cette complicité me permet de créer petit à petit l’atmosphère du tableau. Le plus souvent le ton du dialogue est humoristique, mais il peut revêtir un aspect beaucoup plus intense. Souvent une histoire se greffe à la peinture… »
La technique tient une place très importante dans ses créations. Que ce soit pour l’acrylique, l’huile, la tempera ou la peinture à liant mixte, la préparation des supports est
primordiale. Ensuite les empâtements, les ajouts de matières diverses, le traitement des glacis viennent traduire les pelages, cuirs et plumages mais surtout les lumières, les transparences et par là même l’ambiance qui se dégage du tableau.
L’augmentation exponentielle des êtres humains, les développements technologiques ininterrompus, l’exploitation excessive des ressources terrestres, bref l’activité humaine cause des ravages sur la faune et la flore terrestre.
En déplaçant les races, en les modifiant génétiquement, en les tuant massivement, en détruisant leurs biotopes, l’homme modifie la Vie animale et bouleverse l’équilibre naturel. La disparition des espèces animales s’accélère de façon alarmante.
À tous niveaux la vie animale contribue à l’équilibre planétaire. Toute démarche tendant à en protéger l’existence et la diversité est importante, cruciale. Il est nécessaire de sensibiliser le public à la beauté mais surtout à la fragilité de toutes les espèces animales afin que chacun prenne conscience qu’il peut contribuer un peu à leur protection.

Cette démarche dirige ma peinture. Elle est la ligne de conduite dans ma représentation de l’animal.

SAINT-CAST

Prix Edouard Marcel Sandoz

La beauté est partout.
La beauté est partout, dans un vieux bidon d’huile écrasé sous une machine à laver au milieu d’une décharge publique.
Un bloc de béton, une carcasse de voiture, un silo géant renversé, ah comme elles me plaisaient bien nos décharges publiques…
C’est vrai qu’aujourd’hui j’ai toujours du plaisir à discuter avec les gars de la déchetterie mais pour les couchers de soleil, c’est fini… à 16 h 50 tout est bouclé.
J’ai vu un peintre, en Espagne qui peignait ma­gni­fi­quement des décharges publiques.
Tous les goûts sont dans la nature me dites-vous, c’est bien le malheur puisque le bon n’est pas le plus répandu, les champions sont rares, et le commun, le familier est plus facile à trouver que le chic.
Ce n’est pas une question d’argent ; Cueillir ses fleurs à bonne taille, à bon nombre, à bonnes couleurs pour les installer dans le bon vase qu’on déposera au bon endroit au centimètre près parce que la meilleure place existe.
Ça s’apprend, on s’exerce… Par chance il se peut qu’on soit naturellement doué… Ça n’empêche, si on veut être un peu champion il faut bien s’entraîner. Le beau me semble un passage obligé, la publicité l’utilise depuis longtemps pour appeler ses clients ; une belle image on la regarde une belle musique, on l’écoute. À partir de là on laisse un message, celui qu’on veut, beaucoup l’écouteront.
Un acteur de théâtre sait comment se faire entendre. L’ennui c’est qu’un « plasticien » aujourd’hui ne perd plus son temps avec ce qu’il fait, il le perd avec des discours qui lui permettent de justifier ce qu’il ne sait pas faire justement.
Je n’ai jamais compris ce terme de « plasticien » comme je n’ai jamais compris ce à quoi pouvait servir le terme de « bien évidemment » c’est vrai que ça permet de mettre un peu de temps de côté pour préparer la suite. Cette nouvelle expression manque de chic, c’est évident…
Moi j’aime quand c’est beau, c’est plus fort que moi.

Le Salon 2018 en quelques chiffres

250
Candidatures
91
Artistes sélectionnés
639
Oeuvres soumises au jury
120
Oeuvres retenues
1200
Visuels présentés anonymement au jury
13
Membres du Jury indépendants

Pourquoi l'Art animalier

Cette question posée par les visiteurs du salon mérite que l’on cherche une réponse. Pourquoi avons-nous choisi de développer et mettre en valeur l’art animalier sous toutes ses formes ? Bien évidemment, la réponse n’est pas unique et ne présente pas de caractère de vérité absolue. Nous savons que la peinture animalière existe depuis des milliers d’années. Nous pouvons dire qu’elle existe depuis toujours, qu’elle soit descriptive ou symbolique, les animaux servant d’intermédiaire entre le Haut et le Bas, entre l’Homme et le ou les Dieux, sur tous les continents.

La représentation animalière est donc universelle, introduisant des genres au fil des siècles. Les contextes politique, économique et religieux ont façonné notre pensée et donc nos créations. L’art animalier concerne toutes les techniques d’expression.

Au début du siècle dernier le sculpteur Pompon fonde le « groupe des douze » au Jardin des Plantes. Artus, Choppard, Guyot, Hilbert, Jouclard, Jouve, Lemar, Margat, Pompon, Poupelet, Profillet et Saint Marceaux décident de rendre son rang à l’art animalier, considéré comme mineur pendant des décennies. Petersen, Roche et bien d’autres viendront enrichir de leurs œuvres la renaissance de l’art animalier auquel Antoine-Louis Barye avait donné une puissante impulsion. Ils ont montré la voie.

Cette voie leur a été ouverte une première fois par Édouard Marcel Sandoz qui a mis à leur disposition plusieurs galeries. Et en 1976 ce sont Étienne Audfray et Roger B. Baron qui les accueillent à Bry-sur-Marne à l’Hôtel de Malestroit.

Mais pourquoi ces artistes ont-ils choisi de se consacrer à la représentation animale ? Quelles motivations ?Contrairement à l’Être Humain, l’animal ne se bat que pour le territoire, la nourriture et la reproduction… quoi que ! L’émotion tout d’abord, ensuite l’identification, en quelque sorte un apprentissage, l’imitation, l’hommage à la nature. Il s’agit d’un élan spontané déclenché par les qualités intrinsèques des animaux aussi bien que par leur apparence. L’animal entre en résonance avec notre personnalité. L’animal compagnon de l’Être Humain est l’objet d’un transfert affectif. Il s’agit d’une passion alliant deux puissants mouvements, l’art et son sujet. Cette sensibilité se partage entre un artiste et le public, véritable communion, véritable passion. La magie prend forme et se décline dans l’échelle humaine. L’art et l’animal sont en harmonie.
Le salon national des artistes animaliers tient à pérenniser le choix de ces artistes, dont certains sont, ou seront, célèbres, à encourager le développement de l’art animalier grâce aux pratiques artistiques contemporaines, tout en conservant son intérêt pour les pratiques traditionnelles.
Cela implique que la médiocrité n’a pas sa place. Cela implique aussi qu’il doit exister des limites aux dérives de la création. Notre salon prône la mise en valeur de l’animal sans disséquer ni déformer son harmonie.

Pourquoi l’art animalier ?
Le leitmotiv du SNAA « Les connaître, les comprendre, les défendre… ». C’est peut-être une des réponses à la question. Une réponse qui fait son chemin ces dernières années.

Clyo LAUNAY – Présidente
Alain BAUDELOCQUE – Vice-Président